La Suisse atteint déjà une réussite remarquable : environ 94 % de son électricité est issue de sources bas carbone sur les douze mois allant d’août 2025 à juillet 2026. L’énergie hydraulique fournit plus de la moitié de l’électricité consommée, soit environ 53 %, le nucléaire près d’un quart, le solaire environ 13 % et les bio-carburants 3 %. À côté de ces sources propres, l’énergie fossile représente seulement 2 %, tandis que les imports nets couvrent environ 4 % de la consommation, sans que leur composition soit précisée. Le prochain défi est d’électrifier davantage les transports, le chauffage et l’industrie : cette transition exigera beaucoup plus d’électricité bas carbone.
L'électricité augmente-t-elle en Suisse ?
Les chiffres par habitant ne témoignent pas d’une croissance par rapport au sommet historique. En 2026, la consommation totale atteint environ 7 600 kWh par personne, contre quelque 10 000 kWh lors du record de 2001 : c’est une baisse de 2 440 kWh, soit environ 24 %. La production d’électricité bas carbone atteint quant à elle environ 7 100 kWh par personne, contre près de 9 600 kWh en 2001, soit un recul de 2 501 kWh, ou environ 26 %. Ces écarts sont préoccupants au regard des besoins futurs d’électrification. Ils montrent que les niveaux actuels restent bien inférieurs aux records, même si cette comparaison seule ne permet pas de déterminer la tendance des toutes dernières années.
Suggestions
Pour augmenter sa production d’électricité bas carbone, la Suisse devrait développer davantage le nucléaire et le solaire, deux technologies qui contribuent déjà largement à son approvisionnement. Accroître la production du parc nucléaire existant et envisager de nouvelles capacités permettrait de renforcer une importante source d’électricité propre. En parallèle, accélérer les installations solaires sur les toitures, les bâtiments industriels et les infrastructures offrirait un autre levier majeur. Accompagnée d’investissements dans les réseaux, le stockage et la flexibilité de la consommation, cette expansion aiderait à alimenter les véhicules électriques, les pompes à chaleur, l’industrie et les nouveaux usages numériques.
* 12M = 12 derniers mois (août 2025 – juil. 2026) — une période glissante de 12 mois, et non une année civile.
Histoire
L’histoire récente de l’électricité bas carbone suisse est marquée par des variations importantes de l’hydraulique et plusieurs hausses notables du nucléaire. Dans les années 1980, la production hydraulique a reculé de 5,3 TWh en 1984 et de 6 TWh en 1989, tandis que le nucléaire a progressé de 4,1 TWh en 1985. Dans les années 1990, les baisses hydrauliques de 1995 et 1996, de 4 et 6 TWh, ont été suivies de rebonds de 5,1 TWh en 1997 et de 6,4 TWh en 1999. Au début des années 2000, l’hydraulique a gagné 4,5 TWh en 2001 avant de perdre 5,8 TWh en 2002 ; le nucléaire a ensuite gagné 4,5 TWh en 2006. Les années 2010 ont notamment apporté une hausse hydraulique de 6,2 TWh en 2012 et une progression nucléaire de 5,1 TWh en 2018. En 2022, le nucléaire a encore augmenté de 4,6 TWh, tandis que l’hydraulique reculait de 6 TWh, avant deux forts rebonds hydrauliques en 2023 et 2024, de 7,3 et 7,6 TWh. Les pertes de production nucléaire de 4,5 TWh en 2015 et en 2021, puis de 4,6 TWh en 2025, constituent des reculs particulièrement regrettables pour l’approvisionnement bas carbone. Avec également une baisse hydraulique de 10,9 TWh en 2025, ces derniers chiffres soulignent l’urgence de retrouver une dynamique durable d’expansion de l’électricité propre.
* 12M = 12 derniers mois (août 2025 – juil. 2026) — une période glissante de 12 mois, et non une année civile.
Importations et exportations d'électricité
Balance commerciale
* 12M = 12 derniers mois (août 2025 – juil. 2026) — une période glissante de 12 mois, et non une année civile.








